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Marcelle Marquet & Souza Desnoyer (M. Marquet (1892 - 1984) & S. Desnoyer (1901 - 1988))

Il était une fois un alphabet a été imprimé en lithogravure vers 1951. Publié à compte d’auteur, il fut alors surtout diffusé parmi les proches et les amis. Il est donc un livre très rare.

Fruit d’une amitié et d’une collaboration entre Marcelle Marquet et Souza Desnoyer, ce livre, aux aplats de couleur frais et gais, appartient à la tradition des ouvrages construits autour de l’alphabet. « Le genre alphabet qui se décline en cubes, qui sont souvent le premier jouet des tout-petits, en Diamino et en scrabble pour les adultes, a le charme de la diversité et d’une constante invention. Il emprunte à toutes sortes de mondes, celui de l’homme et de ses attitudes physiques variées, des objets et même de la mode.» Par son texte plein d’humour et ses images, Il était une fois un alphabet s’inscrit également dans la ?liation poétique et visuelle de Rimbaud, de Victor Hugo, des pictogrammes de l’Antiquité, des lettres enluminées du Moyen Âge et des abécédaires d’artistes.

 

L’amitié et le monde de l’art unissaient Marcelle Marquet (Boufarik 1892 - Paris 1984), écrivain et conteuse hors pair, et Souza Desnoyer (Georgette Anne Hanouche, dite Souza, Kiev 1901 - Perpignan 1988), illustratrice et miniaturiste, épouses res­pectives des peintres Albert Marquet et François Desnoyer. Comme l’af?rme son amie Rose Fortassier, Souza Desnoyer semble « avoir été en quelque sorte programmée pour illustrer un alphabet. Cela à cause de sa vie et des voyages qui la ?rent ­polyglotte. De famille maternelle française, mais née à Kiev, berceau de la Russie, elle apprit à lire et écrire en caractères cyrilliques. Transplantée à l’âge de six ans en Bohême, elle y découvrit l’alphabet occidental à l’école primaire. Mais il est probable qu’elle eut aussi l’occasion de jeter les yeux sur les caractères gothiques allemands puisque la Bohême était encore autrichienne. Plus tard, quand elle fut installée en France à la suite de son mariage avec le peintre François Desnoyer, elle retrouva ses chers alphabets au cours de ses fréquents voyages en Angleterre, pays dont on sait qu’il a beaucoup fait pour la littérature destinée aux enfants ».

Nous savons peu de chose sur la genèse de ce livre : durant l’été 1939, les Marquet invitèrent les Desnoyer à séjourner dans leur maison-atelier de la Frette, près de Paris. Le soir, ils jouaient au Diamino, sorte de jeu de scrabble. Souza écrit : « Ce jeu nous donna l’idée, à Marcelle Marquet et à moi, de fabriquer des boîtes de Diamino pour les soldats de la Ligne Maginot qui, paraît-il, s’ennuyaient terriblement dans leurs tunnels. Ensuite, cela nous incita à faire un Alphabet amusant pour les enfants avec un texte de Marcelle Marquet et des images de moi. » Conçu donc autour de 1939, Il était une fois un alphabet ne sera réalisé et im­primé qu’après la guerre. Mais le résultat est là !

Ce qui frappe dans cet alphabet vivant, en plus de la beauté de l’objet, c’est l’intelligence, le goût de la langue et l’humour qui l’habite. « Toutes les lettres ont d’abord été des signes et tous les signes ont d'abord été des images. », écrivait Victor Hugo. Souza et Marcelle, après bien d’autres, ont redonné aux lettres une dimension ?gurative. Mais elles sont allées plus loin.

Il était une fois un alphabet raconte l’histoire de la rencontre et de l’union des peuples des Voyelles et des Consonnes. Au ?l des pages, chaque lettre devient un person­nage bien vivant, carac­térisé par sa forme corporelle et sa psychologie. La relation au monde et à l’environnement, la richesse de sa diversité ­culturelle nourrissent la relation entre les lettres-personnages. La présentation à la fois concrète (couleurs, sons, événements, lieux, texte et image) et poétique prend ainsi toute sa force. Par exemple E, avec son air penché et un rien soumis, correspond bien au jeune homme timide et souvent presque muet de ce conte, comme il l’est en réalité dans l’alphabet. De même les femmes du roi B sont R, « sœur du tambour battant », et L, « plus douce, qui semblait glisser sur le parquet ». C’est là sans doute la formidable invention de Souza Desnoyer et de Marcelle Marquet : le son de chaque lettre est visible par l’image et suggéré avec humour par un texte lui-même très imagé. Une invitation généreuse à se familiariser avec l’alphabet et à faire de ses lettres des amis de notre quotidien.

 

 

 

 

 

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